Octobre 2004
Regard sur l'actualité de Miguel Rockmans
Pour réagir à l'article miguel.rockmans@wanadoo.fr
Regards sur l’Europe
Du 23 au 26 septembre dernier se déroulaient, à Lille, les Semaines Sociales de France. Qu’est-ce donc que cela ? Pour faire court, il s’agit d’une rencontre de personnes plus ou moins engagées dans la société ou en tout cas intéressées aux questions de société. Durant cette session ont lieu des conférences, des débats, des tables rondes avec quelques personnalités autour d’un thème précis. Cette année, le thème était : L’Europe, une société à inventer. De plus, il s’agissait des 100 ans de cette « institution » créée par un lillois et un lyonnais. Pour fêter cela, changement de lieu : Habituellement à Paris, la rencontre s’est déroulée à Lille, capitale européenne de la culture.
Je n’ai pas attendu ces quelques jours pour m’intéresser à l’Europe, mais je profite de cette actualité européenne (sans compter les débats autour de la Constitution ou de l’entrée de la Turquie) pour vous livrer quelques unes de mes convictions sur cette Europe en marche.
L’idée essentielle de la construction de cette Europe reste la recherche de la paix. Il y a peine 60 ans, l’Europe se libérait de la barbarie nazie et découvrait peu à peu les horreurs de celles-ci. Ces souvenirs restent ancrés très forts dans la mémoire collective européenne. Il y aura 15 ans, dans un petit mois, le mur qui séparait la ville de Berlin en deux tombait. Les pays de l’Est s’ouvrait à ceux de l’Ouest et sortait du joug communiste. Tant de choses qui rendent compte des pas réalisés dans cette recherche de la paix en Europe. Et n’oublions pas que l’idée d’une union en Europe est venue des deux frères ennemis : la France et l’Allemagne. Tant d’événements qui nous font rendre grâce pour cette Europe qui se construit dans un idéal de paix. Le rêve de quelques hommes prenait forme …
Bien sûr, le travail n’est pas terminé, et la route de la recherche de la paix est encore longue. Comment ne pas penser à l’Ex-Yougoslavie, au Kosovo, où les traces de la guerre sont encore présentes. Une Europe autrefois divisée, qui aujourd’hui essaie de travailler ensemble. Voilà un joli pas d’accompli ! Il en reste encore quelques uns à faire. Mais la construction de l’Europe n’a pas 50 ans !! Ne l’oublions pas !!
C’est donc une Europe qui doit se construire autour de valeurs communes. Le débat concernant l’entrée de la Turquie nous plonge au plein cœur de ce projet. Je n’entrerai pas dans le débat. Notons que ces valeurs communes éditées par l’Europe dans ce que l’on appelle la Charte des droits fondamentaux, approuvée le 7 décembre 2000. Comment ne pas y voir des traces de l’héritage commun à cette Europe qu’est le christianisme. Les valeurs chrétiennes, qu’on le veuille ou non, sont présentes au cœur de nos vies. Lors des Semaines sociales, on a parlé de replacer l’homme au centre, et même de 26ème Etat membre en parlant des 20 millions de chômeurs peuplant l’Europe. Tout en acceptant et respectant les différentes manières de penser de chacun et chacune, il me semble important de rappeler cet héritage chrétien. L’Europe que nous voulons, je le pense, est une Europe qui doit avoir le souci du plus petit, du plus pauvre. La solidarité en Etats doit être au cœur de cette Europe. Ceux-ci doivent sortir de leurs égoïsmes nationaux pour construire cette Europe. Comment ne pas penser au débat franco-français qui anime les questions européennes dans notre pays ? Parlons de l’Europe au lieu de rester à regarder notre propre intérêt. Pensons au chemin parcouru ensemble avant de penser à son propre sort. Les querelles politiques, notamment chez nous, prennent en otage, le débat européen. Je m’engage sans doute trop lorsque je dis cela, mais je le pense très sincèrement. Je parlais de sortir de ces égoïsmes nationaux pour construire l’Europe. Il ne faudrait pas non plus tomber dans un égoïsme européen qui nous ferait oublier les soucis du monde (famines, guerres, épidémies, …).
Les diversités entre européens, loin de nous freiner, doivent nous aider à construire cette Europe. Nous sommes dans une Europe pluri-ethnique, riche de ses diversités. On ne peut résoudre ces problèmes seuls et l’effort partagé peut produire des résultats impressionnants. Vous n’imaginez sans doute pas le chemin parcouru par des Etats comme l’Espagne, le Portugal ou la Grèce depuis leur entrée dans l’Union européenne. Loin de vouloir unifier toute l’Europe, celle-ci doit se construire avec les richesses de chaque culture. Prêtons aussi attention au fait que l’histoire de la « vieille Europe » n’est pas tout à fait identique à celle de la jeune Europe (les nouveaux Etats membres, notamment les pays de l’Est). Il ne s’agirait pas de normaliser les autres pour les faire entrer dans nos schémas. La Lituanie n’est pas la Belgique.
L’Europe doit savoir être claire et compréhensible aux yeux de ses citoyens. On ne sait souvent pas grand-chose de l’Europe. Elle est trop loin ! On ne comprend pas comment elle fonctionne. Non, l’Europe n’est pas la grande méchante qui décide sans consulter chacun des Etats concernés par telle ou telle mesure. On se fait une fausse idée, par manque d’information. Bien au contraire, chaque décision est prise par les Etats membres ensemble. Par exemple, concernant l’agriculture, les décisions européennes émanent des rencontres en ministres de l’agriculture de chaque Etat. Et certaines mesures sont prises à l’unanimité.
Il s’agit, donc, de construire une Europe de la convivialité, de l’espoir. Définir une Europe de l’Amour, où l’homme aurait la première place, serait le plus beau cadeau fait à cette Europe. Il s’agit de penser aux intérêts de la famille avant de penser aux siens propres. Et, enfin, avant de penser à s’agrandir, essayons d’approfondir, d’expérimenter cette communauté de valeurs.
N’attendons pas que l’Europe se fasse sans nous. Je vais reprendre cette citation de John F. Kennedy, ancien président des Etats-Unis, pour conclure : Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays. La construction de l’Europe est notre affaire à tous. On ne peut pas dire non à l’Europe, elle est là, présente et se construit. Alors, plutôt qu’elle se construise sans nous, faisons qu’elle se construise avec nous. Comme l’a dit, lors des Semaines Sociales, le chef de gouvernement luxembourgeois, soyons fiers de l’Europe.
Ce ne sont que mes convictions, elles n’engagent que moi. Vous pouvez ne pas être d’accord ! N’hésitez surtout pas à me communiquer vos impressions, vos questions (miguel.rockmans@wanadoo.fr).
Pour ceux qui voudraient aller plus loin, en savoir plus, je conseille le portail de l’Union européenne (il y a des petits jeux pour être incollable sur l’Europe):
www.europa.eu.int
Miguel, 4ème année,
en insertion dans la paroisse Saint Jean Bosco en Mormal
Septembre 2004
Regard sur l'actualité de Vincent Szymura
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L’Evangile est source de paix et d’espérance
Prises d’otages, attentats, profanations…
L’actualité est encore marquée par l’absurdité de la violence et de la haine.
Cet été j’ai eu la chance de vivre une session biblique et archéologique en Terre Sainte.
Quelle joie de traverser les lieux où le Christ a vécu, enseigné, guéri les malades !
Je garde un souvenir très fort de l’heure de prière passée à Gethsémani ainsi que la messe
célébrée au Saint Sépulcre. (Vincnet à gauche sur la photo)
Mais mon pèlerinage a aussi été marqué par la tristesse. Tristesse de voir la haine et la peur de l’autre habiter tant de cœurs sur cette terre où le Fils de Dieu est venu enseigner l’amour et la paix.
Je suis bien incapable de faire une analyse exhaustive de la situation politique actuelle en Terre Sainte. J’ai pu constater sur place la complexité de l’histoire, de la réalité vécue par la population et des décisions politiques. Tout cela m’a un peu troublé dans ma recherche d’une compréhension du conflit trop naïve.
Une seule certitude reste bien ancrée dans mon cœur : nous avons encore et toujours besoin d’entendre l’Evangile de Jésus Christ.
Devant tant de violence et d’incompréhension entre deux peuples vivant sur une même terre, j’ai senti l’appel du Christ à la réconciliation, au pardon et à la justice comme une urgence.
En regardant le mur de séparation, j’ai pensé à ce passage de la lettre de saint Paul aux Ephésiens :
« C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, Israël et les païens, il a fait un seul peuple ; par sa chair crucifiée, il a fait tomber ce qui les séparait, le mur de la haine, en supprimant les prescriptions juridiques de la Loi de Moïse. Il voulait ainsi rassembler les uns et les autres en faisant la paix, et créer en lui un seul Homme nouveau. Les uns comme les autres, réunis en un seul corps, il voulait les réconcilier avec Dieu par la croix : en sa personne, il a tué la haine. » Ep 2, 14-16
La volonté de Dieu est de rassembler toute l’humanité par le lien de la paix qu’il nous offre en Jésus. Pourtant, aujourd’hui encore, l’homme est capable de bâtir des murs de haine. Le mur de séparation en Israël en est une manifestation bien concrète.
Heureusement, tant d’artisans de paix et de justice se lèvent un peu partout dans le monde et travaillent pour un monde plus fraternel. Ainsi, j’ai pu rencontrer des israéliens et des palestiniens qui œuvrent à travers des associations, des écoles ou des rencontres interreligieuses pour que juifs, chrétiens et musulmans puissent apprendre à vivre ensemble. J’ai été particulièrement impressionné par le curé de Tayibé qui se dépense avec beaucoup d’énergie pour la paix en Terre Sainte.
L’Evangile est source de paix et d’espérance. A nous de l’approfondir, de le vivre et de l’annoncer.
Notre monde en a tant besoin.
Travailler à la paix est un combat. Cela peut paraître paradoxal mais nous avons tous déjà fait l’expérience qu’il est difficile de pardonner et d’accepter les autres tels qu’ils sont. Pour être un artisan de paix, il faut commencer par régler les petits conflits quotidiens avec nos proches. Or, cela demande parfois de lutter intérieurement contre nous-même, contre notre amour propre.
La difficulté peut aussi venir du découragement devant l’immensité de la tâche : des conflits et des situations injustes existeront toujours !
Il nous faut donc chercher la force dans l’espérance que nous donne l’Evangile. Car la victoire est en Jésus Christ. La résurrection de Jésus nous montre que la vie et l’amour sont plus forts que la mort et la haine.
Soutenu par l’espérance qui ne déçoit pas ( cf. Rm 5,5 ) et fortifié par la grâce du Saint-Esprit, nous pourrons nous dépenser à construire la civilisation de l’amour, comme nous y appelle notre pape Jean-Paul II. Prenons exemple sur ce défenseur de la dignité de tout homme qui va jusqu’au bout de ses forces. Nous avons encore pu admirer son courage et sa foi lors de son pèlerinage à Lourdes. Car il sait que notre monde qui entend tant de mauvaises nouvelles a besoin d’entendre la Bonne Nouvelle de Jésus Christ